Doctorat, qualité de l'enseignement supérieur

Et si on délivrait un référentiel de compétences avec le diplôme de doctorat ?

Devinette. Un ingénieur nucléaire, un ingénieur géologue au visage disgracieux, un ingénieur forestier et un docteur en histoire sont fraîchement diplômés. Ils postulent tous les quatre sur un poste de chef de projet dans le secteur privé. Lequel de ces jeunes diplômés n’est pas sollicité pour un entretien d’embauche (attention il y a un piège)? et pourquoi?

Réponse: Le docteur en histoire ! L’ingénieur au visage disgracieux avait suivi le conseil de ce rapport ICI sur les discriminations à l’embauche, il n’avait donc pas mis sa photo sur son CV :). Pourquoi le docteur en histoire n’a t-il pas été sollicité pour un entretien ? Parce que le recruteur a lu « doctorat en histoire » sur le CV, il a donc choisi de le ranger précieusement dans sa poubelle. En effet, pour un recruteur (et parfois même pour les docteurs), le lien entre un doctorat en histoire et un poste de chef de projet dans le secteur privé n’est pas toujours évident « En quoi un docteur en histoire, qui a travaillé sur les chevaliers paysans de l’an mil au lac de Paladru, peut-il contribuer au développement de mon entreprise de panneaux signalétiques ? « .

Le recruteur connait bien les compétences des ingénieurs mais moins celles des docteurs. Le titre d’ingénieur lui est familier, il a certainement déjà embauché des ingénieurs dans son entreprise, il est peut-être lui-même issu d’une école d’ingénieur. Mais un docteur en histoire? Qu’est-ce que ce bestiaux vient-il faire dans le secteur privé? On voit bien le lien entre un doctorat en histoire et un poste d’enseignant-chercheur à l’université, mais le lieu entre un doctorat en histoire est un poste de chef de projet dans une entreprise de panneaux signalétiques est beaucoup moins évident.

L’un des moyens de faire reconnaître les compétences transversales des docteurs en entreprise serait de délivrer un référentiel de compétences avec le diplôme de doctorat, comme ils le font déjà à l’université de Genève (référentiel à télécharger ICI). Six catégories de compétences sont mentionnées dans ce référentiel:
– Compétences institutionnelles et sociales
– Compétences en matière de communication
– Compétences didactiques
– Compétences relationnelles, travail en équipe, networking
– Compétences transversales
– Compétences liées à la recherche
Nous pourrions imaginer un référentiel différent pour chacun des quatre grands « groupes » disciplinaires, selon la classification du CNU, à savoir un référentiel pour les doctorats en 1) Droit, économie, gestion; 2) Lettres et sciences humaines; 3) Science; 4) et Médecine/pharmacie

Ce référentiel de compétences aurait deux objectifs principaux:
– Pour les universités : délivrer le diplôme avec son référentiel est une reconnaissance institutionnelle 1) du diplôme de doctorat et des compétences des docteurs 2) que les compétences des docteurs sont tout à fait valorisables en dehors de la sphère académique.
– Pour les entreprises: permettre aux recruteurs de mieux appréhender les compétences qui se cachent derrière le diplôme de doctorat, et reconnaître la valeur ajouté du docteur en entreprise.

 
Pas-MCF

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